Vittoria Ligari est née en 1713 à Milan et morte en 1783 à Sondrio. Comme la plupart de ses consœurs, elle apprend la peinture dans l’atelier paternel avant de continuer avec son frère quand ce dernier hérite de l’atelier. Très peu de documents permettent de définir précisément le profil biographique de cette artiste, et les quelques documents d’archives rédigés par son frère laissent entendre qu’elle était très dévote et qu’elle refusa de se marier pour prendre le voile. Pourtant, elle n’entra pas au couvent et il semblerait qu’elle ait participé à de nombreux chantiers destinés à décorer les églises lombardes. Les toiles qui lui sont attribuées sont exclusivement des motifs religieux. Les attributions sont incertaines, dans la mesure où tous les contrats ont été établis au nom du frère. D’autre part, elle était souvent assignée aux petits travaux. Pourtant, ses dessins de main à la sanguine attestent une vraie maîtrise technique et la rapproche de sa contemporaine bolonaise, Anna Morandi Manzolini, qui sculpta des mains en cire pour les étudiants en médecine de l’Université de Bologne. La question que l’on se pose aujourd’hui est de savoir si Vittoria Ligari souhaitait vraiment rester dans l’ombre de son père puis de son frère, ou bien si l’on a voulu qu’elle le soit.

61_81 

Document (2)