Homophobie fasciste ou la peur d’être émasculé

 

« Le Fascisme est mâle. Il aime le danger, se défend du bavardage, dédaigne – par sauvagerie naturelle – la courtoisie ; tape – si besoin est du poing ; il est forgé dans la pierre dure et non pas dans la pâte molle des fruits confits qui n’ont que dans leur for intérieur – comme dans l’âme féminine – un noyau dur capable de casser les dents. […] Le Fascisme est, en un mot, révélateur de virilité contre toute sorte d’effémination et ramollissement de l’esprit ».

 

L’histoire des femmes se juxtapose à celle des homosexuels pendant la période fasciste en Italie, comme le met justement en évidence le film « Une journée particulière » d’Ettore Scola. Le régime fasciste exerce en effet une répression contre la masculinisation des femmes et, à l’inverse, une effémination des hommes. Le discours diffusant les critères d’une sexualité normée est répété à l’envi et témoigne d’une volonté d’affirmer une identité virile en passant par une sexualité conventionnelle ayant pour but la fondation d’une famille. Un projet de loi homophobe est avorté en ce sens qu’il tendrait à nommer ce que Mussolini veut passer sous silence et compromettrait en somme l’image du fasciste viril garant d’une société moderne. Fervent admirateur des guerriers antiques, Mussolini prône la force tributaire selon lui d’une musculature développée et d’une hétérosexualité. L’art fasciste, et plus en amont, le mouvement futuriste, véhiculent une iconographie en adéquation avec les valeurs du régime. La communication se propose d’analyser les discours homophobes associant sexualité et virilité issus du ventennio fasciste et de les confronter aux œuvres d’art de cette même période.

 

Affiche colloque