imagesTrois femmes que tout oppose ou presque se retrouvent liées sans le savoir et ce lien est une tresse de cheveux. Au-delà de l’envie de savoir ce qui les rapproche, on est happé par leurs histoires personnelles inévitablement fluctuantes en fonction du pays où elles vivent. Smita vit en Inde et est condamnée de par sa basse extraction sociale à récurer à la main les latrines des castes supérieures. Mariée, mère d’une petite fille de six ans, son combat maternel va rejoindre la lutte pour l’accès des filles à l’éducation. Giulia a vingt ans et vit en Sicile. Elle travaille dans l’entreprise paternelle de fabrication de perruques et rajouts. Giulia se retrouve plus ou moins seule aux commandes quand son père est victime d’un accident. Aux prises d’une production ancestrale et locale, Giulia peine à moderniser l’entreprise afin de la sauver de la faillite. Sarah, enfin, est une avocate aguerrie et reconnue dans le milieu. Elle vit au Canada, est divorcée et mère de trois enfants. Business woman accomplie, son travail représente des années de sacrifice et de dur labeur. Déjà associée, elle brigue le poste de directrice et est justement pressentie pour endosser cette fonction. Ses espoirs s’effondrent le jour où on lui annonce qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Un autre combat va alors commencer, celui de la dissimulation dans un premier temps, puis celui du processus de guérison dans un deuxième temps. Au travers de ces tranches de vie, filtre la thématique de la discrimination sociale, sexuelle et physique qui persiste de manière différente mais pérenne dans les pays industrialisés ou non.

 

Laetitia Colombani, La tresse, Paris, Grasset, 2017.