La Bologne des XVIe et XVIIe  siècles est atypique à tout point de vue : politique parce que dépourvue de figure régnante par son statut de ville pontificale ; artistique avec l’entrée en scène de l’académie des Carrache ; social en ce sens que fêtes populaires et religieuses étaient soigneusement orchestrées par tous les acteurs de l’espace urbain ; philogyne car les femmes occupaient une place prépondérante dans tous les aspects culturels felsinéens. Sur les bancs universitaires, sur la place publique, dans les couvents, dans les ateliers ou les maisons patriciennes, les femmes ont joué un rôle dans le développement de la ville et de sa mise en valeur. Une « para-littérature », sorte de ramification féminine des Vies vasariennes, s’est tissée intra muros, avant de gagner la plume des écrivains-voyageurs français. Bologne sert de tremplin à la gent féminine, générant un attrait littéraire exogène et endogène. Quelles représentations de la ville sont affirmées et en quoi se différencient-t-elles des grands foyers culturels italiens de l’époque ? Quelle distanciation, sociale ou narrative, est exprimée ? L'article redéfinit le territoire bolonais au travers d’un proto-féminisme local.

 

Théâtralisation de l'espace urbain, sous la direction de Francesco D'Antonio et Myriam Chopin, 2017, Paris, Orizons Histoire, pp. 169-184.