800px-Calamity_janeLe personnage de Calamity Jane, auréolé de gloire à son époque, nous apparaît tantôt comme légendaire tantôt comme une femme éprise de liberté. Issue d’un milieu pauvre, Martha Canary de son vrai nom, adopta rapidement un profil masculin controversé à la fin du XIXe siècle. Cow-boy confirmé, éclaireur aguerri, elle fréquentait les saloons, ce qui ne l’empêchait pas de revêtir aussi des toilettes féminines et d’endosser le rôle d’infirmière. Les Lettres à sa fille (Payot et Rivages, 1997) cultivent les deux facettes masculine et féminine de Calamity Jane. Bien que déclarée fictive – Calamity Jane était a priori analphabète – cette correspondance à sens unique est particulièrement touchante sans tomber dans l’écueil du sentimentalisme exacerbé. Calamity Jane y recense les dures épreuves de sa vie, son activité professionnelle d’une part, les conditions de la naissance de sa fille Jane et les raisons du choix de son abandon d’autre part. Le renoncement à la maternité est avant tout physique et social, en aucun cas psychologique et affectif. Elle se livre sans filtre, donne des clés de compréhension à sa fille et lui affirme son amour sincère et sans faille. Elle dévoile même des recettes de grand-mère qu’elle souhaite transmettre à sa fille ! Ces lettres sont peut-être pure invention, mais elles font partie intégrante des rares documents bibliographiques dont nous disposons sur cette femme mythique de la conquête de l’Ouest et nous avons envie d’y croire.