Après une brève réflexion sur le statut juridique des femmes pendant le fascisme, l’article se propose de croiser des essais et des tableaux de femmes composés ou réalisés pendant la période fasciste et de dégager les thématiques mettant en évidence les limites de la liberté artistique féminine. À une époque où la femme est reléguée au rang de casalinga, moglie e madre (femme au foyer, épouse et mère), l’émancipation intellectuelle est à la fois une échappatoire et un risque de marginalisation sexuelle et sociale. Conditionnée par une alliance masculine, la réussite artistique et/ou littéraire des femmes reprend le schéma renaissant propre à la Renaissance des filles d’artistes, accentuant de facto l’esprit rétrograde du fascisme vis-à-vis du sexe féminin. Les femmes évoquées sont soit directement reliées à un homme, soit associées à un groupuscule féminin lui-même chapeauté par un homme. Certaines sont relativement indépendantes et voient leur style ou leur posture picturale changer pendant la période fasciste.

En ligne : http://www.crini.univ-nantes.fr/e-crini/n-10/n-10-juillet-2018-2277309.kjsp