L’Université de Bologne, Alma Mater Studiorum, est l’une des plus anciennes mais aussi des plus novatrices en matière d’intégration féminine dans l’espace intellectuel. Plusieurs femmes y obtinrent leur doctorat (en droit, philosophie…) et y enseignèrent. Réputée pour ses nombreuses femmes peintres, la ville felsinéenne s’est forgé une réputation de centre identitaire féminin dès le Moyen Âge. Ce phénomène s’amplifia jusqu’au XVIIIème siècle. Anna Morandi Manzolini (1714-1774) s’initia à la sculpture anatomique sur cire à partir d’études de cadavres auprès de son mari professeur d’anatomie jusqu’à la mort de ce dernier, puis perpétua cet art et connut une brève période de gloire. Un autoportrait conservé au Palais Poggi à Bologne la représente en train de disséquer un cerveau dans des habits féminins et nobles, cultivant le paradoxe du féminin/masculin.

51P3QLCf4eL Référence bibliographique : Rebecca Messbarger, The Lady Anatomist, University Press of Chicago, 2010.

 

Femmes de sciences de l'Antiquité au XIXe siècle. Réalités et représentations. Textes réunis et introduits par Adeline Gargam et publiés aux Editions Universitaire de Dijon dans la collection "Histoire et Philosophie des Sciences".