Art, femmes et Italie

06 juin 2018

Mary, reine de l'impressionnisme

16Mary Cassatt (1844-1926) fait partie des artistes qui n’ont pas eu de difficultés financières et qui pouvaient par conséquent se procurer du matériel aisément. Pourtant, son sexe et son style lui ont joué quelques mauvais tours. Edgar Degas lui offrit volontiers son amitié et l’orienta vers le Salon des Refusés quand on l’empêcha d’exposer au Salon officiel. L’exposition au musée Jacquemart-André regroupe des huiles, des pastels, des dessins et des estampes. Peintre de l’intime, Mary Cassatt a représenté les siens et a conféré à la maternité une étonnante modernité.

Dans le catalogue qui présente l’exposition d’estampes de Mary Cassatt au musée d’art américain de Giverny (2005), Michel Melot écrit : « Au fil du temps, le personnage et l’œuvre de Mary Cassatt s’affirment dans l’histoire de l’impressionnisme. Les raisons pour lesquelles elle apparaît de plus en plus comme une figure emblématique de cette période de l’art sont celles qui, au début de sa carrière, auraient pu la condamner : c’était une étrangère, une femme, et elle consacrait à l’estampe, art frivole et populaire, l’énergie, le temps et le talent qu’on aurait pu lui reprocher de voler à la peinture ». Fille d’un riche banquier, Mary Cassatt naquit en Pennsylvanie le 22 mai 1844. Sa famille s’installa à Paris en 1851, puis en Allemagne, avant de retourner aux États-Unis où elle suivit les cours de la Pennsylvania Academy of Fine Arts. Elle voyagea en Europe (Italie, Espagne) avant de s’installer définitivement à Paris. En 1892, elle reçut la commande d’une fresque sur la femme moderne pour le Pavillon de la Femme à l’Exposition universelle de Chicago. Mary Cassatt connut le même sort que Rosalba Carriera et devint progressivement aveugle. Elle finit ses jours au Château de Beaufresne au Mesnil-Théribus dans l’Oise, château qu’elle avait acheté en 1894.

Mary Cassatt

Au printemps 2018, Culturespaces et le Musée Jacquemart-André organisent une grande rétrospective consacrée à Mary Cassatt (1844 - 1926). Considérée de son vivant comme la plus grande artiste américaine, Cassatt a vécu près de soixante ans en France. C'est la seule peintre américaine à avoir exposé avec le groupe des impressionnistes à Paris.

http://www.musee-jacquemart-andre.com

 

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Oui cheffe!

Kent Monkman est un artiste canadien hybride : il allie peinture, dessin, performance, danse. Ses œuvres le sont également, mêlant les thématiques de l’histoire de l’art, du colonialisme et de la sexualité. Miss chief est l’alter ego queer de l’artiste, reprenant des motifs mythologiques tels que Ganymède et Léda (The Affair, acrylique sur toile, 2018). « Les trois grâces » incarnent toutes les femmes d’aujourd’hui sans retouches photogéniques. Une exposition est actuellement en cours au Centre Culturel Canadien.

190363_84d133021f5a157c4495c08b959477d5Site de l'artiste : http://www.kentmonkman.com/

L'exposition "Beauty and the Beasts" : https://canada-culture.org/event/kent-monkman/

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03 juin 2018

La gloire de ma mère

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Les Glorieuses : Chroniques d'une féministe abordent des thématiques variées en lien la plupart du temps avec l’expérience personnelle ou professionnelle de l’auteure. Rebecca Amsellem décrypte les comportements misogynes, dissèque les séries (je n’avais jamais analysé la série américaine Friends de cette façon !), dénonce les rejets et oublis (vive Nina Simone !). Cet ouvrage vient compléter la newsletter hebdomadaire « Les Glorieuses ».

 

Les Glorieuses l La newsletter qui réinvente l'information sur les femmes | Les Glorieuses

La newsletter qui vous inspire 'Madonna (Madame Duvalier)' by Paul Gardère, 1983. // Solange sits with sister Beyoncé at a post-Grammy's party, 2017. pic.twitter.com/5SELcHl8iw - TabloidArtHistory (@TabloidArtHist) January 7, 2018

https://lesglorieuses.fr

 

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18 mai 2018

Du paratexte à la monographie : Elisabetta Sirani et Giulia Lama, peintres italiennes à l’âge classique

On a souvent déploré la carence documentaire touchant les femmes artistes, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. En Italie, les biographies vasariennes regroupant les grands maîtres de la Renaissance italienne ne comportent qu’une seule biographie féminine, celle de la sculptrice Properzia de’Rossi. Pourtant, Giorgio Vasari ne censure pas les femmes, bien au contraire, il fait l’éloge de Properzia, cite d’autres noms (étendant son propos aux femmes de lettres et de sciences et couvrant la période allant de l’Antiquité au XVIe siècle). Il ponctue également son ouvrage de quelques autres femmes peintres connues (Sofonisba Anguissola) ou anonymes ("épouse de" ou "fille de"). Les recherches monographiques sont par conséquent dépendantes des critiques d’historiens, de voyageurs (grâce notamment au Grand Tour), de bribes de vie insérées dans des ouvrages biographiques, ou bien d’une fortune littéraire construite sur une période restreinte ou plus large. Cette fortune littéraire concerne plutôt les femmes à partir du XVIIe siècle. Artemisia Gentileschi ayant plutôt fait l’objet de poésies satiriques, on peut considérer Elisabetta Sirani (1638-1665) comme la première détentrice d’une large fortune littéraire (poésies, biographie, critiques de tableaux) jusqu’à la récente exposition monographique sise à Bologne. Pourtant, Elisabetta Sirani est relativement peu connue en dehors de l’enceinte bolonaise malgré sa pluridisciplinarité et une reconnaissance de ses pairs, son passage à la postérité a été éclipsé par une Artemisia plus "accrocheuse". Au XVIIIe siècle, Giulia Lama (1681-1747) subit le même sort. Peintre et poétesse, elle fut citée par ses contemporains plus pour son pinceau que pour sa plume et jouit d’une reconnaissance des voyageurs majoritairement français. Vénitienne, elle est la parfaite contemporaine de Rosalba Carriera, ce qui explique une notoriété moindre. Il va sans dire que Rosalba Carriera se démarqua par le médium (le pastel) et par son entrée à l’Académie royale française. Notre communication se propose de tenter de combler en partie cet oubli en contextualisant les œuvres de Giulia Lama et en s’appuyant sur cette paralittérature lui étant consacrée. Dans ce cadre, il sera intéressant de la rapprocher d’Elisabetta Sirani afin de mieux cerner les intentions exogènes et endogènes des critiques locaux, nationaux ou européens. Nous tenterons de répondre aux enjeux soulevés dans l’appel à communication, à savoir comment ces femmes étaient-elles désignées en leur temps, dans quelles conditions ont-elles exercé leur métier et à quel prix sont-elles connues aujourd’hui ?

Colloque international "Femmes artistes à l'âge classique" 30 mai-1er juin

Colloque international Litt&Phi 2017-2018 - " Femmes artistes à l'âge classique "

Michel Delon, Université Paris Sorbonne Guillaume Faroult, Musée du Louvre Dena Goodman, University of Michigan Huguette Krief, Université de Provence Élisabeth Lavezzi, Université Rennes II Christophe Martin, Université Paris SorbonneMadeleine Pinault Sorensen, Musée du Louvre Catriona Seth, University of Oxford, All Souls College Richard Wrigley, University of Nottingham

https://cslf.parisnanterre.fr

 

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06 mai 2018

Liaison Paris-Venise

Les Vénitiens dixhuitièmistes Carlo Goldoni et Giacomo Casanova ont rédigé leurs mémoires en Français. Preuve irréfutable d’un lien culturel et d’un échange franco-italien depuis des siècles. Le premier, Goldoni (1707-1793) réforma la Commedia dell’arte en l’épurant de ses trop nombreuses arlequinades et en proposant des pièces rédigées en amont et non plus improvisées à partir d’un simple « canovaccio ».

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Le second, Casanova (1725-1798) donne l’impression que toute sa vie fut un théâtre dont il endossa le rôle d’acteur principal : ecclésiastique, joueur, diplomate, écrivain, bibliothécaire et bien entendu séducteur, il déploya l’éventail de ses talents qu’il relate justement dans l’Histoire de ma vie. Tous deux ont laissé les gondoles à Venise et ont fini leur vie à l’étranger (Goldoni en France et Casanova en République Tchèque).

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Tu es mon autre...l'égalité homme-femme en question

RC-015860-A_2345643Kreatur est un magazine féministe trimestriel sur Arte "parce que les combats féministes méritent bien un magazine" :

Web-émission trimestrielle, Kreatur est née de l’envie d’un groupe de femmes de se faire l’écho des combats et des héroïnes du féminisme, mais aussi de la situation des femmes, de toutes les femmes au quotidien. Ce groupe, on le retrouve, le temps de chaque émission, pour développer un dossier principal, mais aussi des reportages, des rencontres, des chroniques récurrentes. Le premier épisode se demande si 20 ans après la première représentation des Monologues du Vagin, la pièce de Eve Ensler, les femmes aujourd’hui connaissent mieux leur sexe et l’aiment mieux surtout !

 

KREATUR - Info et société | ARTE

Web-émission trimestrielle, Kreatur est née de l'envie d'un groupe de femmes de se faire l'écho des combats et des héroïnes du féminisme, mais aussi de la situation des femmes, de toutes les femmes au quotidien. Ce groupe, on le retrouve, le temps de chaque émission, pour développer un dossier principal, mais aussi des reportages, des rencontres, des chroniques récurrentes.

https://www.arte.tv

Un podcast à soi est une émission de radio mensuelle qui aborde des thématiques sociétales genrées :

Féminismes, genre, égalité : tous les premiers mercredis du mois, Un podcast à soi mêle documentaires et entretiens, récits intimes et paroles d’expert.e.s, textes inspirants et réflexions personnelles, pour évoquer les questions de société liées à l’égalité entre les femmes et les hommes. Travail, éducation, santé, écologie, sport, parentalités, sexualités, violences, discriminations...Charlotte Bienaimé invite à la réflexion sur un enjeu de société majeur.

 

UN PODCAST À SOI | ARTE Radio

Chaque mois, un podcast à soi mêle intime et expertise à propos de l'égalité entre les femmes et les hommes.

https://www.arteradio.com

 

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Bonheur pour tous : le droit d'être heureux

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Arte a diffusé cette semaine la mini-série « Fiertés » qui retrace la longue reconnaissance légale de l’homosexualité à travers l’histoire d’un couple. La série débute au moment de l’élection de François Mitterrand qui dépénalisa l’homosexualité en 1982 jusqu’au récent mariage pour tous. C’était un pari difficile pour le réalisateur Philippe Faucon de concentrer ce parcours du combattant en trois épisodes d’à peine une heure, mais l’aspect sociétal est traité avec justesse et sobriété. Toutefois, certains clichés historiquement persistants sur les couples homosexuels sont jetés à l’écran comme des évidences et c’est bien dommage.    

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04 mai 2018

Balance ta chaussure rouge

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Des chaussures rosso fiamma pour dénoncer les violences faites aux femmes : c’est l’initiative d’un collectif milanais en 2012. Quelques mois plus tard, l’Italie a voté une loi pénalisant le féminicide. C’était bien avant « balance ton porc » et « me too », deux hashtags de retard pour les Français. 1-0 pour la squadra azzurra !

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01 mai 2018

Le soleil de Naples au bout des doigts

20180429_113926Pour sa collection printemps-été 2018, la creative designer de la marque Chanel, Lucia Pica, s'est inspirée de sa ville natale : Naples. Nero vulcanico, arancio vibrante, giallo napoli....telles sont les couleurs qui rappellent Parthénope (nom antique de Naples).

 

 

 

 

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22 avril 2018

Laissez-les voter!

Ce recueil s’inscrit dans les études de genre et s’ajoute aux revendications féministes, voire se pose comme l’une des premières pierres à l’édifice des suffragettes. La présentation préliminaire au recueil retrace l’histoire des femmes de cette période et replace par conséquent les discours de John Stuart Mill dans le contexte socio-politique anglais. John Stuart Mill argumente point par point et défend mordicus l’accès des femmes au droit de vote. Quatre discours se succèdent les uns après les autres et tendent à démontrer l’effort constant de ce philogyne convaincu (mais malheureusement pas suffisamment convainquant auprès des parlementaires!). Le discours, bien qu’écrit, semble s’animer par les didascalies (« Bravo ! Rires etc »), rendant la lecture moins rébarbative. Le ton est souvent ironique et John Stuart Mill se complait à toucher « là où ça fait mal » ; il tourne en dérision certains rôles concédés aux hommes, n’hésite pas à condamner leur pseudo virilité et cite en exemple des femmes tout à fait brillantes. Les discours s’articulant autour du même argument et étant à vocation politique ou philosophique en fonction du public visé, il n’est pas surprenant que la lecture souffre de quelques redondances. Une bibliographie très bien fournie termine le recueil et permet de prolonger les recherches. En résumé, il s’agit d’un regroupement de textes historiques très intéressants destinés à un public relativement aguerri en matière d’études sur l’histoire des femmes, même si un novice peut amplement se confronter à ces textes sans pour autant se sentir étranger.

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