Art, femmes et Italie

Séminaire interdisciplinaire PAGE au laboratoire CRINI (Nantes)

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Plus d'informations sur la page dédiée : https://crini.univ-nantes.fr/seminaire-page-paroles-et-creations-auctoriales-approches-genrees-2513047.kjsp

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L'amour vache

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Ce tableau a été peint en 1903 par une peintre préraphaélite, Evelyn De Morgan. Il représente une femme préparant un philtre d'amour ; on voit d'ailleurs un couple s'embrassant en arrière-plan. Curieusement, cette toile illustre les pages web narrant la vie de la sicilienne Giulia Tofana. Giulia Tofana est née à Palerme au XVIIe siècle ; célèbre courtisane, elle est surtout connue pour avoir aidé environ 600 femmes à devenir veuve. Elle est en effet à l’origine de l’Acqua Tofana, poison incolore, inodore et insipide contenant de l’arsenic, du plomb et probablement de la Belladone. Condamnée, on ignore si elle a été exécutée ou si elle a – paradoxalement – fini sa vie dans un couvent. Le tableau d’Evelyn De Morgan diffuse l’amour, l’union de deux êtres (légitime ou non), tandis que l’histoire de Giulia Tofana sépare les couples par une mort provoquée, mais toutes les hypothèses quant au choix d’empoisonner son époux sont valables à une époque où les jeunes filles étaient mariées de force très jeunes.

 

Les femmes préraphaélites font actuellement l'objet d'une exposition à la National Portrait Gallery

Pre-Raphaelite Sisters - Exhibition

Models, artists, makers, partners and poets. Discover the untold stories of the Pre-Raphaelite Sisters 170 years after the first pictures were exhibited by the Pre-Raphaelite Brotherhood in 1849, Pre-Raphaelite Sisters, explores the overlooked contribution of twelve women to this iconic artistic movement.

https://www.npg.org.uk

 

 

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02 novembre 2019

Faux frère : la carrière dissimulée de Vittoria Ligari ?

Vittoria Ligari est née en 1713 à Milan et morte en 1783 à Sondrio. Comme la plupart de ses consœurs, elle apprend la peinture dans l’atelier paternel avant de continuer avec son frère quand ce dernier hérite de l’atelier. Très peu de documents permettent de définir précisément le profil biographique de cette artiste, et les quelques documents d’archives rédigés par son frère laissent entendre qu’elle était très dévote et qu’elle refusa de se marier pour prendre le voile. Pourtant, elle n’entra pas au couvent et il semblerait qu’elle ait participé à de nombreux chantiers destinés à décorer les églises lombardes. Les toiles qui lui sont attribuées sont exclusivement des motifs religieux. Les attributions sont incertaines, dans la mesure où tous les contrats ont été établis au nom du frère. D’autre part, elle était souvent assignée aux petits travaux. Pourtant, ses dessins de main à la sanguine attestent une vraie maîtrise technique et la rapproche de sa contemporaine bolonaise, Anna Morandi Manzolini, qui sculpta des mains en cire pour les étudiants en médecine de l’Université de Bologne. La question que l’on se pose aujourd’hui est de savoir si Vittoria Ligari souhaitait vraiment rester dans l’ombre de son père puis de son frère, ou bien si l’on a voulu qu’elle le soit.

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27 octobre 2019

La dentellière dessinatrice

Portrait_of_Isabella_Parasole_-_Teatro_delle_Nobili_et_Virtuose_DonneElisabetta Parasole, dont le père n’est pas clairement identifié, grandit dans un couvent romain qui accueillait les filles de prostituées et les orphelines. On situe sa naissance autour de 1580 à Bergame. En 1593, elle épousa le peintre veuf Rosato Parasole avec lequel elle eut cinq enfants. Les deux frères Parasole étaient des artistes et ils enseignèrent la peinture et la gravure sur bois à leurs épouses respectives, ce qui explique d’Elisabetta est souvent confondue avec sa belle-sœur Girolama elle-même graveuse. Elisabetta eut l’ingénieuse idée d’allier la pratique artistique de la gravure – pratique somme toute plutôt masculine à l’époque – au travail féminin de la dentelle et de la broderie qu’elle pratiquait à longueur de journée au couvent. Elle dessina les modèles en dentelle avant de les graver et de les rassembler dans un ouvrage, Teatro delle nobili et virtuose donne, en 1616. Cet ouvrage est dédié à Elisabeth de Bourbon, princesse d’Espagne, dans lequel elle écrit vouloir imiter Arachné. Cet ouvrage n’est ni le premier ni le dernier, il y en eut d’autres du même acabit. Cette alliance entre production artistique et éditoriale lui valut une reconnaissance à Rome et à Venise où la dentelle était un art prisé, puis en France par le fait qu’elle mette en lumière une pratique industrieuse et par conséquent un savoir-faire remarquable. Elle mourut en 1617.

 

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Plautilla Bricci, première architecte

arton223-551eaPlautilla Bricci, redécouverte récemment, bénéficie d’un appareil critique certes restreint, mais livrant des éléments intéressants et inédits sur son travail d’architecte. Née à Rome en 1616 dans un milieu sans grande surprise artistique, elle se forma auprès de son père peintre et musicien. Son entourage direct était érudit et pluridisciplinaire. Sa formation picturale est entérinée par sa présence dans l’atelier paternel, tandis que ses connaissances architecturales ne sont pas documentées. Il y a une part d’autodidaxie très certainement, comme bon nombre de ses contemporaines. Le réseau féminin est important à l’époque, car elle rencontre l’abbé Elpidio Benedetti, partageant lui-même des liens étroits avec le cardinal Mazarin et le Roi de France, par l’intermédiaire de son amie Maria Eufrasia della Croce sœur d’E. Benedetti. Celui qui devient son protecteur et mécène lui confie le projet de sa villa en 1663. Avant cette date, on lui connaît seulement une activité picturale dont les motifs sont exclusivement sacrés. 1663 est donc un tournant professionnel pour Plautilla Bricci qui devient la première femme architecte. Elle réalise les plans de la villa « vaisseau » (image) de par sa forme avec son frère, même si les documents d’archives la positionnent bien en tant que « chef de chantier ». Elle projette donc le bâtiment et participe à sa décoration intérieure. Ce pan civil de sa carrière précède une commande religieuse, car on lui confie la décoration de la chapelle de l’église romaine Saint Louis des Français. L’Académie de Saint Luc lui prête bien les deux activités : « architectura et pictura celebris », tandis que la fin de sa vie reste floue ; certains historiens du XIXe siècle affirment qu’elle entra au couvent et y mourut en 1700. Rattachée comme ses consœurs à un ou plusieurs hommes (ici père, frère, mécène), elle est parfois éclipsée derrière des noms masculins plus prestigieux qui lui volent la vedette en recevant une rétribution supérieure (le plafond de verre fonctionne avec le stuc !). Elle en était très certainement consciente, car ses toiles portent sa signature avec la mention « invenit » qui la place du côté de la création, la créativité étant une qualité fondamentale de l’architecte et la condition pour se démarquer.

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16 octobre 2019

De l'ombre à la lumière

CVT_LAge-de-la-Lumiere_871Ce roman très dense se concentre principalement sur la période parisienne de Lee Miller. Née en 1907 aux États-Unis, Lee a un parcours personnel marqué par l'inceste qu'elle subit à l'âge de 7 ans. Quant à son parcours professionnel, il alterne devant et derrière l'objectif. Whitney Scharer expose, en façade, la relation amoureuse entre Lee Miller et Man Ray, mais pose également la question de la reconnaissance des femmes dans le milieu artistique en toile de fond. De 1929 à 1932, Lee Miller fréquente le célèbre photographe Man Ray auprès duquel elle va acquérir des connaissances techniques et s'émanciper malgré les apparences. Elle est à la fois le modèle et l'assistante du photographe, mais bénéficie de ses relations amicales qui lui permettront de gagner correctement sa vie. L'auteure recrée l'ambiance de l'époque, ses fêtes, le cercle des surréalistes, tout en ponctuant son récit de détails techniques de manière à donner l'impression au lecteur qu'il assiste à la séance de pose. Des chapitres courts digressifs offre une autre facette de Lee Miller, reporter pour le magazine "Vogue" pendant la seconde guerre mondiale. Ces projections donnent du poids au travail de la photographe cantonnée à la mode ou à sa relation avec Man Ray, et la rapproche indéniablement de Gerda Taro dont on sait à présent qu'elle est l'auteure de clichés attribués à Frank Cappa. Whitney Scharer romance, certes, mais s'inspire directement de la biographie de Lee, comme elle l'indique elle-même à la fin de l'ouvrage. C'est par conséquent un travail de recherche et de réécriture important pour redonner sa part de lumière à Lee Miller sans cacher sa part d'ombre. J'ajouterais enfin que la couverture est absolument splendide et illustre parfaitement le roman.

 

Whitney Scharer, L'Âge de la lumière, éditions de l'Observatoire, 2019.

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Du culot ou du courage?

Si vous n'avez pas encore lu la bande dessinée de Pénélope Bagieu, Culottées, vous pourrez aisément vous rattraper avec l'édition intégrale qui sort bientôt (le 6 novembre). Elle retrace le parcours de femmes à travers le monde toutes époques confondues : artistes, guerrières, inventrices, exploratrices... le tout superbement illustré. Traduite dans pas loin d'une vingtaine de pays, la bande dessinée a été adaptée en mini-série format court qui sera diffusée en 2020 sur France 5 (https://www.silexfilms.com/television/programme-court/pg-production/culottees/).

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18 août 2019

Un mois d'août émancipateur

Le Musée des Beaux-Arts de Rennes propose une exposition sur les Créatrices jusqu'au mois de septembre avec un savoureux accrochage.

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Le congrès de l'Institut du genre, "Genre et émancipation", se tiendra à Angers du 27 au 30 août.

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Comment penser, comment observer l’émancipation du point de vue du genre ? De quoi s’émancipe-t-on précisément, et comment ? Quelles sont les conditions pratiques et politiques d’une émancipation collective ?

Le mouvement #Meetoo, le 50e anniversaire de Mai 1968, les mobilisations féministes et LGBTQI, les revendications intersectionnelles, les divers usages faits par les actrices et les acteurs politiques de « l’égalité » femmes-hommes, confèrent une actualité particulière à l’idée d’émancipation.

Si l’idée d’émancipation a un riche passé notamment au sein de l’histoire des femmes, du genre et des sexualités, elle a eu tendance à s’effacer derrière les idées voisines de libération, de subversion, de voix, d’autonomie ou encore d’empowerment et d’agency. Comment la repenser aujourd’hui ? Comment l’articuler à ces différentes notions ? Vers quelles formes particulières de libération l’idée d’émancipation pointe-t-elle ?
Dans un contexte globalisé, les études sur l’intersectionnalité des logiques de domination, le postcolonial, le care, la vulnérabilité, le multiculturel ; les recherches sur les discriminations ; les critiques de l’universalisme, engagent à de nouveaux questionnements sur l’émancipation au sein des études de genre.

On explorera également les différents moyens de l’émancipation – par le travail, par l’action politique, par les pratiques corporelles, par la migration, par les recompositions familiales, par la prise de parole et l’irruption sur la scène publique,  politique et médiatique, par la création artistique et littéraire, par la critique des savoirs, etc.
Plus largement encore, on analysera la diversité des interprétations de l’émancipation. On pourra interroger les contours et les limites de la notion selon le contexte culturel et historique.

Enfin, faut-il aujourd’hui s’émanciper du genre ? Ou bien le genre est-il en lui-même un outil d’émancipation ?

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Précieuse Amazonie

La canicule puis les pluies diluviennes ce dernier mois ne cessent de nous interpeler quant aux dangers du réchauffement climatique. Plus loin, l'Amazonie en proie à la déforestation massive est en danger. Deux expositions nantaises nous invitent à apprécier l'Amazonie et à découvrir les tribus qui y vivent, dans l'espoir aussi très certainement d'éveiller encore plus les consciences à protéger notre belle planète. L'exposition sur les poisons à la Garenne Lemot est particulièrement "goûteuse"!

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06 août 2019

Lisons et relisons Toni Morrison

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