Art, femmes et Italie

16 octobre 2019

De l'ombre à la lumière

CVT_LAge-de-la-Lumiere_871Ce roman très dense se concentre principalement sur la période parisienne de Lee Miller. Née en 1907 aux États-Unis, Lee a un parcours personnel marqué par l'inceste qu'elle subit à l'âge de 7 ans. Quant à son parcours professionnel, il alterne devant et derrière l'objectif. Whitney Scharer expose, en façade, la relation amoureuse entre Lee Miller et Man Ray, mais pose également la question de la reconnaissance des femmes dans le milieu artistique en toile de fond. De 1929 à 1932, Lee Miller fréquente le célèbre photographe Man Ray auprès duquel elle va acquérir des connaissances techniques et s'émanciper malgré les apparences. Elle est à la fois le modèle et l'assistante du photographe, mais bénéficie de ses relations amicales qui lui permettront de gagner correctement sa vie. L'auteure recrée l'ambiance de l'époque, ses fêtes, le cercle des surréalistes, tout en ponctuant son récit de détails techniques de manière à donner l'impression au lecteur qu'il assiste à la séance de pose. Des chapitres courts digressifs offre une autre facette de Lee Miller, reporter pour le magazine "Vogue" pendant la seconde guerre mondiale. Ces projections donnent du poids au travail de la photographe cantonnée à la mode ou à sa relation avec Man Ray, et la rapproche indéniablement de Gerda Taro dont on sait à présent qu'elle est l'auteure de clichés attribués à Frank Cappa. Whitney Scharer romance, certes, mais s'inspire directement de la biographie de Lee, comme elle l'indique elle-même à la fin de l'ouvrage. C'est par conséquent un travail de recherche et de réécriture important pour redonner sa part de lumière à Lee Miller sans cacher sa part d'ombre. J'ajouterais enfin que la couverture est absolument splendide et illustre parfaitement le roman.

 

Whitney Scharer, L'Âge de la lumière, éditions de l'Observatoire, 2019.

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Du culot ou du courage?

Si vous n'avez pas encore lu la bande dessinée de Pénélope Bagieu, Culottées, vous pourrez aisément vous rattraper avec l'édition intégrale qui sort bientôt (le 6 novembre). Elle retrace le parcours de femmes à travers le monde toutes époques confondues : artistes, guerrières, inventrices, exploratrices... le tout superbement illustré. Traduite dans pas loin d'une vingtaine de pays, la bande dessinée a été adaptée en mini-série format court qui sera diffusée en 2020 sur France 5 (https://www.silexfilms.com/television/programme-court/pg-production/culottees/).

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18 août 2019

Un mois d'août émancipateur

Le Musée des Beaux-Arts de Rennes propose une exposition sur les Créatrices jusqu'au mois de septembre avec un savoureux accrochage.

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Le congrès de l'Institut du genre, "Genre et émancipation", se tiendra à Angers du 27 au 30 août.

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Comment penser, comment observer l’émancipation du point de vue du genre ? De quoi s’émancipe-t-on précisément, et comment ? Quelles sont les conditions pratiques et politiques d’une émancipation collective ?

Le mouvement #Meetoo, le 50e anniversaire de Mai 1968, les mobilisations féministes et LGBTQI, les revendications intersectionnelles, les divers usages faits par les actrices et les acteurs politiques de « l’égalité » femmes-hommes, confèrent une actualité particulière à l’idée d’émancipation.

Si l’idée d’émancipation a un riche passé notamment au sein de l’histoire des femmes, du genre et des sexualités, elle a eu tendance à s’effacer derrière les idées voisines de libération, de subversion, de voix, d’autonomie ou encore d’empowerment et d’agency. Comment la repenser aujourd’hui ? Comment l’articuler à ces différentes notions ? Vers quelles formes particulières de libération l’idée d’émancipation pointe-t-elle ?
Dans un contexte globalisé, les études sur l’intersectionnalité des logiques de domination, le postcolonial, le care, la vulnérabilité, le multiculturel ; les recherches sur les discriminations ; les critiques de l’universalisme, engagent à de nouveaux questionnements sur l’émancipation au sein des études de genre.

On explorera également les différents moyens de l’émancipation – par le travail, par l’action politique, par les pratiques corporelles, par la migration, par les recompositions familiales, par la prise de parole et l’irruption sur la scène publique,  politique et médiatique, par la création artistique et littéraire, par la critique des savoirs, etc.
Plus largement encore, on analysera la diversité des interprétations de l’émancipation. On pourra interroger les contours et les limites de la notion selon le contexte culturel et historique.

Enfin, faut-il aujourd’hui s’émanciper du genre ? Ou bien le genre est-il en lui-même un outil d’émancipation ?

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Précieuse Amazonie

La canicule puis les pluies diluviennes ce dernier mois ne cessent de nous interpeler quant aux dangers du réchauffement climatique. Plus loin, l'Amazonie en proie à la déforestation massive est en danger. Deux expositions nantaises nous invitent à apprécier l'Amazonie et à découvrir les tribus qui y vivent, dans l'espoir aussi très certainement d'éveiller encore plus les consciences à protéger notre belle planète. L'exposition sur les poisons à la Garenne Lemot est particulièrement "goûteuse"!

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06 août 2019

Lisons et relisons Toni Morrison

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24 juillet 2019

Viaggio in Sicilia

Noto, città barocca

Le gole dell'Alcantara

Etna

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23 juin 2019

Dire le genre

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Avec les mots, avec le corps, le genre s’impose. En ouvrant la bouche ou en nous habillant le matin, nous portons les marques du genre. Nos moyens d’expression sont genrés. Nous en jouons et, ce faisant, nous élaborons un imaginaire de la différence sexuelle. Le plus souvent, nous nous contentons d’activer des stéréotypes. Étudier ces marques du genre est donc un vaste chantier, auquel cet ouvrage collectif entend contribuer.

Les mots d’abord. La langue continue à véhiculer de redoutables préjugés sexistes. En témoigne la règle apprise à l’école : « Le masculin l’emporte sur le féminin. » Mais l’écriture inclusive aujourd’hui proposée s’insurge contre la prééminence du masculin sur le féminin dans la langue française. Et l’histoire des langues et des œuvres littéraires donne bien des exemples de résistance à ce masculin qui s’impose comme neutre et universel.

Le corps ensuite. Des espaces de liberté se sont ouverts, mais les normes traditionnelles n’ont pas disparu. Le corps vêtu continue de dire le genre. À moins de perturber le regard avec un travestissement, des pilosités inattendues ou une gestuelle inhabituelle, s’« attaquer » au genre, à son binarisme obligatoire et hiérarchisé, n’est pas chose facile.

Peut-on dépasser le genre ? L’annuler ? Créer du neutre ?

Emilie Lehours, « Coupez ce sein que je ne veux plus voir » :

travestissements et métamorphoses du corps des femmes dans l’art pp. 257-269

Afin de faire valoir leur art et leurs idées, les femmes ont dû en passer par la métamorphose : travestissement ou bien hybridation, le corps des femmes se transforme pour jouer la carte de la provocation ou pour "rentrer dans la légalité". Le corps devient terrain d’expérimentation, couverture sociale, curiosité anthropologique. Les artistes déconstruisent le corps féminin et l’enlaidissent au profit d’un mode de pensée évolutif. Deux tableaux de la peintre du XVIIème siècle bolonais Elisabetta Sirani seront confrontés aux actions des artistes contemporaines.

 

http://www.cnrseditions.fr/sociologie/7815-dire-le-genre.html

 

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16 mai 2019

Femmes et emploi

Ce troisième colloque porte sur le regard actuel/contemporain qui est posé sur les femmes et par les femmes sur leur travail à l’échelle non seulement européenne mais, plus largement, mondiale. En effet, si la législation, dans de nombreux pays, leur a permis d'intégrer la majorité des domaines d'activité et de dépasser "l'ancrage" de leur foyer, il subsiste un écart important entre théorie et pratique en termes d'acquis qui restent souvent fragiles (Perrot, 2006). De nombreuses recherches mettent en évidence le fossé qui reste à franchir en termes d'égalité professionnelle, fossé plus large dans certains secteurs professionnels et géographiques que d'autres (Maruani, 2013). Elles posent aussi la question du manque de reconnaissance du travail des femmes.  En 2016, une enquête de l'ONU évaluait l'apport du travail non rémunéré des femmes entre 10 et 39% du PIB selon les pays, contribuant plus à l'économie que des secteurs-clés comme le commerce, l'industrie et les transports. Chaque année, le 5 avril, le  Canada commémore la Journée Mondiale du Travail Invisible. Cette initiative, reprise par de nombreux pays, reste toutefois moins connue que la Journée Internationale des (Droits des) Femmes du 8 mars, bien qu’elle partage certains de ses objectifs.

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Diffusions, enjeux et portées de la représentation du corps de la sorcière et de la magicienne en Europe occidentale

Si les magiciennes sont nommées (Alcina, Morgana, Médée, Circée), les femmes accusées de sorcellerie diabolique aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles restent anonymes jusqu’à ce qu’elles soient dénoncées et que leur identité soit déclinée dans les procès pour sorcellerie. Dans ces mêmes procès, plusieurs paramètres sont motifs d’accusation et parmi ceux-ci le corps de la sorcière sur lequel se trouvent les stigmates révélateurs de son appartenance à l’engeance démoniaque. La magicienne relève plus de la mythologie, de la fiction, tandis que la sorcière diabolique appartient à une réalité paysanne. Le corps de la sorcière moderne est présenté par les démonologues comme un corps hors norme puisqu’il reflète des actions transgressives et marginales. Quelles sont alors les représentations physiques de la sorcière et de la magicienne ? La première est souvent laide et âgée tandis que la seconde est jeune et belle, mais cette polarisation n’est pas systématique. Leur apparence change au fil des siècles et se juxtapose aux changements sociétaux. Le corps se fait miroir du monde ; le rapport entre société et corporalité prend ici tout son sens et met en lumière le paradoxe du corps féminin, victime de conceptions misogynes héritées de l’Ève pécheresse. Sorcières et magiciennes  sont des « hommasses », des « viragos » qui bouleversent les codes archétypaux de la société patriarcale. La sorcière et la magicienne remettent en question la hiérarchisation des sexes et contribuent à diffuser une peur du corps féminin méconnu des hommes scientifiques. La représentation du corps de la sorcière et de la magicienne – décrié et condamné ou élevé et idéalisé – présente dans tous les types de discours se révèle être profondément liée à l’histoire de la construction et de l’affirmation du pouvoir.

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08 avril 2019

Tous les chemins mènent à Rome

L'aquarelliste Sylvie Perrot a inauguré une exposition unique en son genre à Liré, ville qui a vu naître Joachim du Bellay. Elle a investi le musée consacré au poète afin d'y retracer son périple italien. C'est l'occasion de découvrir les oeuvres de cette artiste passionnée au grand coeur et de visiter ce bijou muséal.

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